Développer son activité de psy en libéral : 10 conseils pratiques

Exercer en libéral m’a permis d’avoir l’espace et l’autonomie pour construire une pratique professionnelle sur mesure.

Je vous partage mon retour d’expérience avec 10 conseils pratiques pour :

  1. Développer une activité économique suffisante pour en vivre
  2. Façonner votre environnement de travail pour qu’il réponde aux mieux à vos besoins et à votre rythme pour une expérience confortable et durable.

Développer son activité à son compte nécessite en effet des compétences différentes de celles de notre cœur de métier.

Nous ne les avons jamais apprises à l’université. De plus, elles nous demandent d’aller dans la direction opposée (se rendre visible) au mouvement qui domine notre pratique (faire de la place à l’autre). Elles ne sont donc pas forcément intuitives à développer, mais restent pour autant essentielles pour vivre et être confortable dans sa pratique en libéral.

Développer son activité rapidement

Le libéral a de nombreux avantages mais peut rebuter certaines personnes en raison de l’incertitude financière liée au développement de la patientèle et de sa stabilité dans le temps.

Le plus sécurisant est de se lancer progressivement d’un emploi salarié vers un exercice en libéral en ouvrant 1 jour de consultation, puis un second jusqu’à remplir pleinement son activité.

Une autre option est de faire le grand saut en libéral, il y a plus d’incertitude mais l’implication est totale et il est plus simple de regrouper vos consultations au même endroit.

Il n’y a pas de choix parfaits, cela dépend de votre profil de risque, de vos besoins et de votre contexte professionnel et financier.

#1 L’importance du réseau

Plusieurs de mes collègues qui se sont lancés n’ont pas de site web et pourtant leur activité en libéral tourne bien. C’est par ce qu’ils ont un très bon réseau de professionnels.

Il est essentiel de s’entourer en libéral, que ce soit pour ne pas être seul dans sa pratique mais aussi pour profiter des bénéfices à être en réseau (échanger sur sa pratique, développer sa patientèle, avoir des confrères de confiance à recommander etc…).

Un réseau, ce n’est pas juste envoyer ses cartes de visite à des prescripteurs (médecin généraliste, psychologues en institution, psychiatres…). C’est rencontrer les professionnels et surtout les côtoyer régulièrement.

Je ne prends plus de patients depuis un moment ou seulement au compte goute, et je renvois les nouveaux patients que vers les confrères que je côtoie régulièrement. Renvoyer un patient nécessite d’avoir une confiance dans la personne à qui ont renvoi, et cela passe souvent par une rencontre et d’avoir entendu le professionnel parler de sa pratique.

#2 Avoir une visibilité en ligne

Quand un patient cherche un psy, à qui demande t-il ? A des amis ou de la famille s’il y a ce niveau de communication dans la relation. A un professionnel de santé (le médecin généraliste le plus souvent, mais cela peut être un psychiatre, un psychologue en institution, un kiné etc…). Et sinon à Google. On est sûr qu’il ne nous jugera pas.

Ce moteur de recherche totalise 91% des recherches sur internet.

Si vous êtes mal référencé sur google quand un patient recherche “psychologue votre_ville”, alors vous ne serez pas visible sur internet et devrez compter sur d’autres canaux de visibilité (bouche à oreille, recommandation par des professionnels de santé etc…).

Être bien référencé, c’est être dans le top 3 des sites sur le mot clef visé, voire le top 5. Mais au-delà, vous serez invisible, surtout si vous n’êtes pas sur la première page.

Lorsque vous créez votre site, il faut compter 2 mois avant d’être référencé par Google et encore plus pour être bien référencé, notamment sur les grandes villes. C’est donc un élément qui prend du temps mais qui se travaille sur le long-terme.

En plus d’un bon référencement, il est important d’avoir votre cabinet inscrit sur Google My Businness (Google Map).

Certains professionnels ont également une page Facebook. Je n’ai pas fait ce choix personnellement pour mon activité de consultation, car c’est un réseau social personnel, mais il est envisageable.

#3 Avoir un site internet

Il est essentiel d’avoir un site qui soit professionnel, rapide et qui permette au visiteur d’avoir un aperçu du sentiment qu’il aura au contact du professionnel et de le rassurer sur les appréhensions fréquentes lors de ce type de démarche. Il s’agit d’être claire sur votre manière de travailler pour que les visiteurs intéressés vous contact et que les autres aillent vers un autre professionnel. (vous ne pouvez pas convenir à tout le monde, autant que le visiteur le sache tout de suite).

Construire son site soi-même avec des designs professionnels préexistants est gratuit alors que le faire par un professionnel peut s’approcher des 1000€.

Toutes les plateformes ne se valent pas, par exemple WIX produit de beaux résultats facilement mais le site ne se référence pas bien.

#4 Etre bien référencé sur les moteurs de recherche

Mettez-vous à la place de google et demandez-vous : qu’est ce m’amène à mieux classer un site qu’un autre pour un même mot-clef recherché ?

Pour Google, on peut simplifier en disant qu’il prend en compte trois grands facteurs :

  1. Que le site réponde aux besoins des visiteurs (qu’il soit rapide, que les visiteurs qui vont dessus reste dessus et ne partent pas tout de suite, qu’il y ait régulièrement des articles rédigés et d’une certaine longueur)
  2. Que le site soit en lien avec les mots clefs recherchés (les mots clefs sur votre site, de votre nom de domaine, des titres de vos pages vont ainsi être pris en compte par Google)
  3. Que le site soit populaire (que d’autres sites parlent de lui en pointant des liens)

Il existe pas mal de choses à savoir pour optimiser son référencement. Par exemple un nom de domaine en .FR se référencie mieux en France que les autres.

Comme je le disais, le temps est important, il faut compter 2 mois pour être repéré par google. Il est donc optimal de mettre son site en ligne bien avant de se lancer (et de payer loyer et charges) ou d’activer d’autres leviers plus efficaces à court-terme.

#5 Etre visible sur les sites et annuaires clefs

L’intérêt d’être inscrit sur les annuaires est double. Premièrement, cela vous apporte de nouveaux patients immédiatement. Deuxièmement, cela contribue à augmenter le référencement de votre propre site web sur les moteurs de recherche.

Il existe énormément de sites qui référencient les professionnels. Certains payants (pages jaunes, psychologue.net, doctolib…) et d’autres gratuits.

Lesquels choisir ? Je les ai presque tous essayés et ils ne se valent clairement pas. Certains vous rapportent régulièrement des nouveaux patients alors que d’autres pas du tout. Pourtant le prix est souvent très élevé (de 500€ à 1200€ par an).

Je partage mon retour d’expérience sur ce thème plus en détail ainsi que les alternatives moins coûteuses et plus efficaces que les annuaires dans une formation de 2 jours pour développer son activité en libéral.

#6 Développer d’autres activités

Il existe beaucoup de domaines autre que les consultations individuelles dans lesquels un professionnel de la psychologie peut apporter une valeur ajoutée. En libéral nous ne sommes donc limités que par notre créativité et notre temps.

Par exemple, à côté des consultations, j’ai une activité d’enseignement à l’université, j’interviens en institution pour des séances d’analyse de la pratique et j’ai une activité de formation.

J’ai beaucoup de plaisir à transmettre, et mon équilibre accompagnement-transmission est optimal.

Créer des conditions d’épanouissement durable

#7 Avoir une vision et un plan de son activité en libéral.

Il me semble essentiel d’avoir une vision du libéral et de la place que nous souhaitons lui faire dans notre vie à côté des autres domaines (vie conjugale, vie familiale, vie personnelle – loisirs, temps libre…).

La conscience de vos besoins et de vos priorités vous permettra de rester aligné avec ce qui est essentiel pour vous dans votre manière d’incarner votre profession mais aussi dans le respect des autres espaces de vie.

#8 Etre à l’écoute de soi et de son rythme optimal

Plusieurs de mes collègues en libéral font 10h de consultation par jour sur au moins 4 jours par semaine.

Pour moi c’est impossible. Mon chiffre optimal est 2 jours de consultation par semaine.

Pour un équilibre optimal, j’ai besoin d’avoir d’autres activités que l’accompagnement. J’aime beaucoup apprendre, je me forme au moins 20 jours par an. Et j’aime beaucoup transmettre. Ces années d’expériences m’ont permis de découvrir mon propre mode d’emploi, et de construire une activité sur mesure pour que j’accompagne mes patients avec plaisir et disponibilité tout en ayant une activité qui nourrit mes différents besoins.

Je gagne moins que mes collègues qui font 40h de consultation, mais cela est vraiment OK pour moi. Et pour la plupart de mes collègues, ils semblent ok avec leur propre rythme alors que d’autres souhaitent ralentir un peu. A vous de définir votre expérience du libéral optimal, personne d’autre ne sait pour vous.

#9 S’entourer de professionnels

En libéral, nous sommes souvent seuls. Nous n’avons pas d’équipe derrière nous sur qui s’appuyer. Il a été essentiel pour moi de corriger ce défaut, en créant un espace d’échange et d’intervision régulier avec des confrères.

Au-delà, des bénéfices évidents comme prendre du recul et enrichir sa pratique, cela permet d’avoir le sentiment d’appartenir à une communauté, de s’inscrire dans une sorte d’équipe de professionnels en libéral.

#10 Continuer à développer ses compétences

Ces derniers années, je me suis mis à me former régulièrement, à être supervisé et j’ai lancé un groupe d’intervision avec des collègues en libéral. Il m’a fallu du temps pour m’ouvrir au regard d’un autre sur ma pratique, mais c’est tellement bénéfique. On fait un métier passionnant, mais aussi exigent et difficile, et c’est important de se construire des espaces de prise de recul, d’échanges et de progression.

L’auteur

Joran Farnier, psychologue, enseignant à l’université et formateur.

Passioné par la psychologie, j’exerce depuis 6 ans en libéral.


Vous appreciez ce sujet et aimerez en savoir plus ?

 Pour approfondir les conseils de cet article

J’anime une formation 1 fois par an pour développer son activité en libéral.

Public visé : psychologues & thérapeutes

La prochaine a lieu en janvier 2021 (2 jours) : 7 places restantes

Développer son activité en libéral